Concentration Nationale 2010 du Club Alfa Romeo de France

par Vincent Royer
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Les 31 juillet et 1er août 2010 se déroulait au Mas du Clos la traditionnelle concentration nationale annuelle du Club Alfa Romeo de France. Une édition 2010 qui prenait cette année une saveur particulière puisqu’en plus du centenaire d’Alfa Romeo, le club fêtait les 40 ans de la Montréal, les 30 ans du GTV 6, les 25 ans de la 75, sans oublier les 30 ans… du club lui-même !

Samedi 31 juillet 2010. Pas moins de 90 Alfa Romeo, toutes époques et tous modèles confondus, alignés sur les rives du lac de Vassivière, bienvenue à la Concentration nationale du Club Alfa Romeo de France, édition 2010.

Après une première journée marquée par une randonnée touristique empruntant les jolies petites routes de la Creuse, puis un concours d’élégance en soirée, c’est sur le circuit du Mas du Clos que les membres du Club Alfa Romeo de France avaient rendez-vous le dimanche 1er août 2010. L’occasion, malgré une météo capricieuse, de fêter une nouvelle fois le centenaire de la marque, mais pas seulement. Se sont en effet pas moins de cinq anniversaires qui ont été célébrés ce week-end-là. A commencer par les 40 ans de la rare Montreal.

Quarante ans pour la Montreal

« Il faut savoir que c’est un véhicule qui avait été commandé au carrossier Bertone pour l’exposition universelle de Montréal de 1967, explique Gilles Lepeytre, propriétaire de la Montreal présente au Mas du Clos. Elle avait été présentée à cette exposition mais pas avec la motorisation V8, parce qu’ils n’avaient pas eu le temps nécessaire pour la conception du véhicule. C’est simplement en 1970 que ce véhicule a pu être commercialisé, et ce, je pense, jusqu’en 1977. C’est un véhicule, on va dire, qui est mal né. Pendant la crise du premier choc pétrolier. C’est un véhicule qui consomme naturellement un petit peu d’essence. Et puis la fiabilité n’était pas forcément toujours au rendez-vous. Mais tous les gens qui regardent une Montreal ont des souvenirs. Et c’est un petit peu ce qui a contribué peut-être à faire son mythe.

C’est une Alfa Romeo un petit peu atypique, déjà par sa motorisation. Un V8 qui est issu de la compétition. C’est une voiture qui a été peu produite, il y a eu moins de 4000 exemplaires qui ont été produits entre les années 70 et 77. C’est une Grand Tourisme, charmeuse, mais qui a aussi beaucoup de défauts, notamment au niveau du freinage. Une tenue de route un peu aléatoire, mais quand on connait ses limites, on l’apprécie. »

Le GTV6 fête ses 30 ans !

Second anniversaire, celui du GTV 6, apparu en 1980, six ans après l’Alfetta GT dont il est devenu la version haut de gamme.

« Alfa a conçu cette voiture pour remplacer le GTV Bertone, se rappelle Alexis Walter, propriétaire d’un des nombreux GTV6 usant la piste creusoise. L’objectif de départ, je crois que c’était d’améliorer l’habitabilité de la voiture, de faire un vrai coupé quatre places, habitable, avec un coffre. Je pense que ça correspond aussi à une évolution du style de l’époque. »

« Et quand cette auto est sortie, la ligne surprenait beaucoup, précise Jean-Pierre Walter, également propriétaire d’un GTV6. Notamment cette protubérance sur le capot moteur qui vraiment choquait dans le design plus épuré des modèles précédents. Et notamment du 2.0 l qui avait un capot plat. »

« La particularité du GTV, reprend Alexis Walter, c’est son système transaxle, c’est-à-dire moteur à l’avant, boite-pont à l’arrière, pour une répartition des masses idéale. Elle s’appelle Alfetta puisqu’elle a repris le système mécanique de l’Alfetta de course de 1958. C’est sa particularité la plus importante. Un très très bon équilibre. On retrouve aujourd’hui cet équilibre encore dans les courses de voitures anciennes, où le GTV6 fait merveille dans des temps comme aujourd’hui où il pleut. La répartition des masses fait que la voiture est toujours très très bien équilibrée, avec des réactions on va dire prévisibles. »

« Le moteur V6 est une merveille, complète Jean-Pierre Walter. C’est un moteur Docteur Jekyll et Mr Hyde. C’est-à-dire que c’est un moteur qui fonctionne très bien sur le couple, à bas régime. Vous reprenez, si vous n’accélérez pas trop fort, à 1500 tours en cinquième. Et par contre si vous montez dans les tours, alors là il se déchaine. Vous tirez 6300-6400 tours, jusqu’au rupteur, et là vous avez évidemment une accélération fort sympathique, et un bruit encore plus sympathique. »

« Les deux pays dans lesquels le GTV6 a eu le plus de succès, c’est la France et l’Allemagne, précise Alexis Walter. Il s’est vendu beaucoup plus de GTV 6 en France qu’en Italie par exemple. C’était un phénomène de taxes en Italie. Alors le GTV 6 a eu énormément de succès en France commercialement. Il a eu énormément de succès en compétition. Et je pense que les deux sont liés puisque l’année record d’Alfa France au niveau vente de voitures, c’est 1983 et c’est l’année où le GTV 6 a été champion de France Production avec Alain Cudini. Je pense que ce n’est pas un hasard. C’était une voiture qui était redoutable.

En France, on a connu une voiture assez exceptionnelle qui est le GTV 6 Production. C’est une voiture qui n’a existé qu’en France puisque le championnat production avait un règlement très particulier. Alors que dans les autres pays d’Europe il y a eu des versions Groupe A, mais pas des versions aussi puissantes et aussi rapides que le GTV 6 Production.

En rallye, le GTV 6 est une voiture qui a gagné énormément de courses aussi bien en Groupe N qu’en Groupe A. En France les pilotes les plus connus étaient Bertrand Ballas, Jacques Panciatici, Yves Loubet. C’étaient les pilotes vedettes de l’époque. Mais il y a des tas d’autres pilotes qui se sont illustrés au volant du GTV 6. »

La dernière propulsion Alfa Romeo fête ses 25 ans

Autre modèle au trèfle à fêter un anniversaire, la plus récente Alfa Romeo 75. Un modèle d’ailleurs né et baptisé en honneur d’un autre anniversaire, celui des 75 ans d’Alfa Romeo. Mais la 75 est historique à plus d’un titre.

« En fait elle descend en droite ligne de la Giulietta et de l’Alfetta, situe Frédéric Jorand, passionné et propriétaire de nombreuses Alfa Romeo 75. C’est la suite logique du système transaxle avec moteur devant, boite-pont à l’arrière. C’est la dernière propulsion de chez Alfa Romeo. Ensuite ils sont passés à la 155 en traction avant. Donc c’est vraiment le dernier modèle propulsion de chez Alfa Romeo. »

La 75, c’est aussi la dernière Alfa cent pour cent Alfa Romeo, puisque la marque rentrera ensuite au sein du groupe Fiat.

« Ce modèle là (le sien), a une plaque constructeur où le logo Fiat apparait déjà, ce qui n’était pas le cas sur les premiers modèles de 1985. J’ai débuté en 1986 avec une Alfa 75 2.0 à carburateur se souvient Frédéric Jorand. Ensuite en 1986 est sorti le premier modèle de turbo avec les petits pare-chocs. En 1987 est sorti le modèle Evoluzione. En même temps il y a eu le modèle 2.0 Twin Spark qui a remplacé le modèle à carburateur, et l’apparition également de la V6 3.0.

Toutes les 75, à part la V6 évidemment, ont le 4 cylindres en ligne à double arbre à cames en tête. Il y a eu des 1600, des 1800, les 2.0, le 1800 turbo, qui avec l’appoint d’un turbo développe 155 ou 165 ch selon les modèles. Et puis évidemment les V6 3.0. Et il y a également eu des turbos diesel. Il ne faut pas l’oublier, en 2.0 ou en 2.4. Ca a au moins eu le mérite d’exister.

C’est une voiture, certains diront que ça ne freine pas, que ça n’a pas une tenue de route phénoménale. Moi je trouve que ça tient bien la route. Les freins il faut s’habituer. Il y a le côté spongieux de la pédale mais une fois que l’on a le coup, je ne trouve pas ça plus gênant qu’autre chose.

Et puis je ne sais pas, l’Alfa Romeo c’est quelque chose de spécial. Et puis il y a toujours des petits à côté, des petits trucs qui font que… Ce n’est pas comme une allemande. Une allemande on monte dedans, on tourne la clé et ça démarre, il n’y a pas de souci, on roule. L’Alfa Romeo ce n’est pas ça, elle est vivante. Des fois on monte, ça ne démarre pas, il faut faire un petit truc. C’est des voitures à vivre, c’est vraiment le terme.

Moi j’aime bien ce qui a du caractère. Alors il y a d’autres voitures qui ont du caractère. Mais il faut qu’il y ait le petit truc en plus. Et je trouve que chez Alfa Romeo ils l’ont. C’est dans les modèles, c’est comme ça. »

Les trente ans du Club Alfa Romeo de France

Et ils sont nombreux les alfistes, aujourd’hui encore, à se regrouper au sein de clubs pour partager leur passion de ces autos à fort caractère. Le dernier anniversaire fêté cette année n’est d’ailleurs pas celui d’un autre modèle, mais bien du club Alfa Romeo de France lui-même, qui fête en 2010 ses 30 ans d’existence.

« Au sein du club on a un noyau dur qui participe à toutes les sorties, se félicite Alain Delanoue, le président du Club Alfa Romeo de France. Et si on vient au Mas du Clos pour fêter nos trente ans, ce n’est pas un hasard. On sait que c’est un circuit que les gens aiment bien. On y retrouve toujours des amis, des têtes nouvelles, et en général quand ils ont goutés au Mas du Clos, on les retrouve les années suivantes. »

« Mon rêve ça a toujours été d’appartenir à un club automobile, explique Francis Maingourd, membre du club depuis trente ans. Tout petit déjà j’aimais les bagnoles comme on dit. Et le jour où j’ai vu dans je ne sais plus quel support de presse automobile que Alain Murassiol créait un club de marque Alfa, tout de suite, spontanément, je leur ai écrit. D’ailleurs j’ai la carte numéro 50 je crois. Et pourquoi j’y reste ? Parce que je pense que c’est le club géniteur par rapport à tous les autres clubs, et que j’ai toujours trouvé un bon esprit et de belles voitures. Et puis il y a un petit peu, tout est représentatif de la marque.

Et surtout, le club m’a permis de spectateur à passer acteur sur la piste. Ça pour moi ça a été primordial parce que j’ai toujours rêvé de piloter. »

Trente ans après la création du club, alors que la marque a déjà failli disparaitre à plusieurs reprises et que la passion automobile à de plus en plus tendance à s’effacer devant l’autophobie, Alain Delanoue, l’actuel président du club, reste pourtant confiant pour l’avenir.

« Il y a quand même un taux de renouvellement intéressant. On a de plus en plus d’adhérents jeunes, motivés. Et ce qui me fait également plaisir, c’est que les jeunes très souvent arrivent avec des voitures modernes, par exemple des Mito, ou des GT, ou des Coupé, des Spider, et ils achètent des anciennes !

Ca les convertie à l’ancienne. Donc c’est une bonne chose pour nous. Ca veut dire que les Alfa anciennes vont rester dans le patrimoine du club. »

Alfa Romeo Montreal
Alfa Romeo Montreal
Alfa Romeo GTV
Alfa Romeo GTV
Alfa Romeo GTV Production
Alfa Romeo GTV Production
Défilé Alfa Romeo - Mas du Clos
Défilé Alfa Romeo - Mas du Clos
Défilé Alfa Romeo - Mas du Clos
Défilé Alfa Romeo - Mas du Clos
Mas du Clos 2010
Mas du Clos 2010

3 commentaires

tribet 4 février 2011 - 13:57

Concentration Nationale 2010 du Club Alfa Romeo de France
bonjour, je vends une alfasud berlines 4 portes, de mai 1978, à restaurer

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Vincent Royer 30 septembre 2010 - 22:40

Concentration Nationale 2010 du Club Alfa Romeo de France
Merci Francis ! 😉

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Francis 30 septembre 2010 - 16:41

Concentration Nationale 2010 du Club Alfa Romeo de France
Bonjour.
Belle réalisation,le meilleur reportage sur le “Mas du Clos”en 30 Ans.

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