Lancia Aurelia B24 Convertible – Rétromobile 2020

par Vincent Royer
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Daniel Pottier, président du Lancia Club France, présente la Lancia Aurelia B24 Convertible exposée sur le stand du club à l’occasion de l’édition 2020 du salon Rétromobile à Paris.

« Il s’agit évidemment d’une Lancia, d’un modèle Aurelia, dérivé directement du modèle B20 et B10 et le modèle spécifique c’est une B24 Convertible, qui a été produite entre 1956 et 1957 à 520, 521 exemplaires, détaille Daniel Pottier, président du Lancia Club France. C’est donc une voiture assez rare, qui reprend intégralement l’architecture de l’Aurelia, c’est-à-dire moteur V6, boite accolée au pont à l’arrière, avec freins accolés à la boite-pont. La puissance est de l’ordre de 110-120 ch.

On bénéficie encore, et se sera la dernière fois chez Lancia avec l’Aurelia de la suspension avant à fourreaux coulissants. Elle permettait depuis 1920 une excellente tenue de route et un bon guidage. A l’arrière on aura un pont De Dion.

Le point majeur de l’histoire de cette voiture c’est le film Le Fanfaron, Il sorpasso, avec Vittorio Gassman et Maurice Trintignant. Ça donne à la voiture un caractère aussi emblématique que l’Alfa Romeo Duetto dans Le lauréat par exemple.

La déclinaison des Aurelia, ça correspond un peu à la philosophie générale de Lancia qui confiait à des carrossiers extérieurs le soin de développer de nouveaux modèles, plus ou moins puissants, plus ou moins lourds, mais on laissait toujours un petit peu la bride sous le cou pourvu que se soit apprécié et que ça reçoive la primature de la marque pour de nouvelles carrosseries. Pininfarina étant un collaborateur attitré et extrêmement apprécié de Lancia, il était naturel que ce coupé, d’abord ce spider que l’on appelle de manière un peu erronée America soit produit à 250 exemplaires environ, puis le convertible car il est beaucoup plus civilisé, connaissent un bon succès.

Une voiture simplement élégante

C’étaient des voitures très chères. Dans son genre le modèle présenté correspond fort bien à l’idée que l’on se faisait de la Dolce Vita. Ce modèle est harmonieux, il est italien, il supporte toutes les couleurs et il a créé un nouveau style de cabriolets à mon avis. Un style que ni les anglais ni les allemands n’ont jamais su égaler. C’est une voiture simplement élégante, qui passe relativement inaperçue, si l’on peut dire, et dont la première apparition au cinéma, j’allais l’oublier, est dans Et Dieu créa la femme, avec Brigitte Bardot, sous sa version spider.

C’est donc une voiture bourgeoise, elle coûtait très chère, qui permettait toutes les fantaisies.

Quant à la construction de l’automobile en fait, d’après ce que nous savons, comme à peu près toutes les B20, elles étaient assemblées à partir de morceaux préformés chez divers petits artisans. On assemblait les morceaux à l’étain, ensuite on recouvrait la voiture d’une bonne couche de mastic, et on peignait. Ce qui fait que par malheur quand on était obligé d’en découper une, elle se coupait moins qu’elle ne fondait. Donc il y a parfois des dissymétries dans la voiture entre l’avant, l’arrière, les faces avant… mais ça vous le retrouverez chez Touring avec les Flaminia… qui étaient des voitures vraiment faites à la main. Et c’est le cas pour l’Aurelia B24, qu’elle soit spider ou convertible, et même les B20 pour la plupart sont assemblées, non pas de bric et de broc, avec rigueur, mais avec une manière de faire à laquelle on n’est plus du tout habitué.

En tant que président du Lancia Club France, il est évident qu’elle n’a aucun point faible. En revanche pour ce qui est des points forts, je citerai tout d’abord la conception originale, centrage des masses, tenues de route, qualité de construction, visserie spécifique… Elégance ensuite, typiquement c’est la voiture italienne des années 50, début des années 60, et je pense qu’à aucun moment, personne n’a fait une voiture qui pouvait être aussi fiable, aussi bonne routière et aussi élégante en même temps.

Alors il y a quand même un point faible, c’est que c’était coûteux. Du prix d’une petite Rolls peut-être.

Le taux de survie à mon avis n’est pas négligeable. Se sont des voitures qui représentaient quand même un certain caractère patrimonial et je pense qu’à ce jour elles sont sorties des granges et des parkings luxueux des banlieues de Milan, Turin, Neuilly et Rome bien entendu. »

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