20ème Rallye des Princesses, 20 ans de bonheur

par Vincent Royer

Au programme de ce troisième opus de notre série vidéo consacrée au vingtième Rallye des Princesses, 1600 kilomètres de bonheur au volant d’italiennes qui ne font pas leur âge, et aux côtés d’équipages féminins plus motivés que jamais.

Il est 8h30 dimanche 2 juin 2019 lorsque la place Vendôme s’anime doucement, réveillée par un mélange de rires et de ronronnements mécaniques. Dans quelques instants les 99 équipages vont s’élancer pour plus de 1600 kilomètres, direction… Saint Tropez. Particularité de cette 20ème édition du Rallye des Princesses, des étapes… un peu plus courtes.

« Au lieu de faire des étapes de 360 kilomètres, on les fera à 300-310, explique Viviane Zaniroli, l’organisatrice du Rallye des Princesses. Ca a l’air de rien 40-50 kilomètres, mais sur les petites routes avec une voiture ancienne… Faut pas mollir, les voitures ne sont pas faciles à conduire. Et puis nous c’est très sportif, c’est à gauche, à droite, épingle gauche… Il faut absolument que l’on arrive à faire un classement, donc c’est forcément difficile. »

 Première italienne à passer l’arche de départ, une originale Lancia Appia, venue directement d’Italie. 303 kilomètres au programme de cette première journée dont 65 km répartis en 4 zones de régularité.  Traversée de la Haute vallée de Chevreuse, routes vallonnées, sous-bois, puis passage par la Beauce avant de prendre la route des Châteaux de la Loire.

Le dernier secteur chronométré du jour sera technique, réservant quelques surprises. A l’arrivée au zoo de Beauval, c’est l’heure des premiers bilans… après une première journée, sans temps mort.

« Il y avait des pauses café, on est passée devant en courant, le déjeuner pareil, » rigolent Valérie Girard et Magali Castelli (Alfa Romeo Spider Veloce 2000 n°74 de 1974).

« On s’est perdues dans Paris ce matin, racontent Nathalie Cazenave et Fabienne Perret (Alfa Romeo Spider n°95 de 1982). C’est notre premier rallye et on n’est pas parisiennes, donc on a perdu beaucoup de temps. Mais ce soir ça va mieux. Cet après-midi on a pris l’habitude, ça allait nettement mieux. »

« On a un peu jardiné sur la fin, explique Martine Lievens (Ferrari Dino Spider 246 GTS n°72 de 1972). Mon excellente copilote Anne-Sophie, c’est la première fois qu’elle fait le Rallye des Princesses, je lui avais dit mais je crois qu’elle ne s’attendait quand même pas  à ça mais elle s’est super bien débrouillée. Et puis on est là. C’est le principal. »

« Il ne faut pas se planter dans le road-book, analyse Anne-Sophie Poujol, sa copilote. Il y a de petites subtilités. Et quand il y a peu de distance entre deux notes il faut être super vigilant. Mais ça a été, on a fini donc ça va. »

« On a appris de nos erreurs, même dans notre communication, reprennentValérie Girard et Magali Castelli (Alfa Romeo Spider Veloce 2000 n°74 de 1974). Madame est avocate donc elle me fait une plaidoirie à chaque fois que je dois prendre une décision et une direction, donc je lui ai dit ouhlala ! ‘Etant donné, attendu que il y a une route sur laquelle tu vas buter…’ Et là je lui ai dit tu me dis ‘200 m à droite’, pas des choses comme ça. »

Au classement général, au volant de leur Lancia Beta Montecarlo, Marina Orlandi Contucci et Valérie Dot se classent secondes, suivies dans le top dix par les Alfa Romeo Spider d’Amélie BOUGRIER et Patricia BOUTIER à la 5ème place et de Carole Ouziel et Marie-France Allez à la 8ème.

Réveil studieux

Après une nuit réparatrice, le réveil est studieux au zoo de Beauval, notamment pour les novices. C’est le cas des lyonnaises Delphine et Stéphanie, à bord de leur Fiat X1/9.

« On appréhende, surtout que la dernière Zone de Régularité de la journée va être très technique, avec beaucoup de changements de vitesse, beaucoup de changement d’orientation, donc je pense que ça va être un peu chaud, explique Delphine Dupré (Fiat X1/9 N°93 de 1979). Mais on a bien bossé le road-book hier soir, même fatiguées, jusqu’à 23h30 on était dessus. »

Quant à Carole et Marie-France, pourtant huitièmes la veille, il y a ce matin un petit sentiment d’inachevé.

« On est ma étalonnées donc c’est frustrant parce que je pense que l’on pourrait mieux faire du coup, explique Carole Ouziel (Alfa Romeo Spider Veloce 2000 n°80 de 1973).

Résultat, un petit coup de pression matinal.

« Surtout pour ma copilote qui est au tacquet ! Moi je remets les pneus en pression au carré pour qu’ils soient pareils, à 2.2. »

Tout comme la veille, il est 8h30 lorsque les premières voitures s’élancent pour les 325 km du jour, dont 58 en zones de régularité.

Ambiance champêtre aujourd’hui, avec la traversée de hameaux agricoles et de prairies à travers la Champagne berrichonne. Un terrain nettement plus vallonné que la veille. En arrivant dans le Puy de Dôme, la navigation laisse la place à plus de pilotage avec des changements de direction incessants.

En fin d’après-midi, c’est enfin l’arrivée à Vichy, même si certaines auraient bien continuées.

« Au top ! Alors pas dans les scores forcément, mais dans les sensations génial ! s’exclame Carole Cecchetto (Alfa Romeo Spider n°39 de 1963). Moi je me suis éclatée en pilotage. »

« Pas d’erreur de parcours donc c’est le principal, complète sa sœur, Sandrine Couton. Après on a peu de pénalités mais on ne tape pas le haut du classement. Je pense que les filles qui tapent le haut du classement sont juste le top du top. Elles passent les check-point 0, 0, 0 ! Nous quand on passe à une seconde, deux secondes déjà on est top ! Maintenant on fait le mieux, pour l’instant on est régulières donc c’est top. Normalement la régularité ça paie. On verra bien. Et le niveau est super élevé. »

Pour d’autres, la journée a été plus… laborieuse.

« Ca a été jusqu’à la dernière ZR, explique Clémence Monnard (Alfa Romeo Giulia GT Sprint Veloce n°54 de 1967). Jusqu’à la dernière ZR où là ça a été compliqué. Chantier, on s’est trompées de chemin et après on a eu une route en graviers pendant 8 kilomètres. On était à touche touche avec toutes les voitures mais c’était compliqué. Nous on a un peu chauffé. »

Pour l’actrice et mannequin Audrey Marnay, marraine de cette 20ème édition, c’est une découverte totale des rallyes de régularité.

« J’avais déjà fait un rallye où il fallait juste rouler vite, commente la comédienne. Mais là ça demande plus de cerveau et de reprendre les maths un peu pour calculer vite les distances et les horaires. »

De quoi se mettre un peu de pression pour obtenir un résultat.

« Ah c’est ça ! Parce que le matin on a mal au ventre, dans la journée on a encore mal au ventre, et puis le soir ça se relache. Mais on passe de bons moments. »

Au classement général, Marina Orlandi Contucci et Valérie Dot perdent une place mais restent sur la troisième marche du podium provisoire. Les deux Alfa Spider des équipages 92 et 80 restent dans le top 10 mais aux 8ème et 10ème places.

Montagne au programme de la troisième journée

Retour du soleil pour le troisième jour de course. Direction les Alpes pour les équipages du Rallye des Princesses. Moins de navigation au programme, mais une adaptation permanente aux contraintes du terrain. Des routes vallonées, souvent à plus de 1000 mètres d’altitude, avec le passage de trois cols : les cols de la Croix Montmain, de la Croix du Rosier et de la Croix Marchampt. De quoi ravir les pilotes.

« Compétition à fond, concentration à fond, résume Roamhy Heras (Autobianchi A112 Abarth n°102). On s’éclate ! »

 Après 340 kilomètres et le passage du Grand Colombier, point culminant de ce rallye à 1501 mètres, Aix-les-Bains apparait enfin, après avoir longé le lac du Bourget.

Au classement général provisoire, l’équipage 90 de la Lancia Beta Montecarlo garde sa troisième place, tout comme l’équipage 80 sa dixième place. L’équipage 92 remonte quant à lui son Alfa Spider à la 6ème place.

Etape marathon pour arriver à Saint-Tropez

Etape marathon pour l’avant-dernière journée du rallye. Avec 408 km c’est en effet la plus longue étape de cette édition. Une étape qui va mener les concurrentes à Saint-Tropez où elles passeront deux nuits. Mais avant de nombreuses difficultés les attendent.

Au classement général, la Lancia Beta Montecarlo descend du podium, à la quatrième place. Mais avec seulement 14 points d’écart sur les troisièmes, tout reste possible demain.

Boucle autour de Saint-Tropez pour conclure

Pour la dernière journée, c’est une boucle autour de Saint Tropez de 214 kilomètres qui attend les concurrentes.  Les équipages des voitures italiennes se donnent à fond pour terminer à la meilleure place possible au classement final.

Carole Ouziel et Marie-France Allez (Alfa Romeo Spider Veloce 2000 n°80 de 1973) terminent ainsi à la 8ème place au général, mais remportent la victoire dans le groupe 4 ! Sandrine et Carole, les sœurs du Spider de 1963 terminent 19ème du général, et troisièmes de leur groupe !

Il aura fallu attendre la dernière zone de régularité pour connaitre les vainqueurs de cette édition des 20 ans, Carole Gratzmuller et Elisa-Noémie Laurent à bord de leur Corvette Stingray de 1967. Marina Orlandi Contucci et Valérie Dot terminent au pied du podium avec leur Lancia Beta Montecarlo, à seulement 17 points des vainqueurs.

Un suspens jusqu’à la dernière spéciale qui a de quoi ravir les organisateurs.

« Ca s’est joué à quelques points jusqu’à la dernière zone de régularité, se félicite Tom Zaniroli, l’organisateur sportif du rallye. Donc vraiment on ne peut être que ravis ! »

Quant à Viviane Zaniroli, la créatrice du rallye, l’émotion est palpable. « Vingt ans de rallyes, vingt ans de dur labeur, de stress, mais vingt ans de super bonheur. Vraiment je suis ravi et le vingtième ici par un temps pareil avec un plateau qui est si exceptionnel… Je suis vraiment enchantée. Je ne peux pas être plus contente. »

Rendez-vous du 29 mai au 3 juin 2021 pour la 21ème édition, qui ralliera la Place Vendôme à La Baule.

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